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 [Chronique] Ring

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Sasuke
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MessageSujet: [Chronique] Ring   Ven 2 Déc - 12:23

Envie de frissonner? Alors découvrez sans plus attendre la chronique de Rogue Aerith sur le cultissime Ring, roi au pays des Yurei Eiga... tout du moins avant l'avènement du DVD !!



Une rumeur circule dans les cours d'école : une mystérieuse cassette vidéo aurait le pouvoir de tuer ceux qui l’ont visionnée 7 jours après. La journaliste Reiko Asakawa (Nanako Matsushima), la tante d'une des victimes, décide d’enquêter sur l’affaire. Ses pistes ne tarderont pas à la mener directement à la cassette et à une malédiction qui dure depuis plus de quarante ans. Aidée par son ex-mari, Ryuji Takayama (Hiroyuki Sanada), Asakawa va tenter de découvrir la vérité dans l’espoir d’annihiler la malédiction.

A la fin de la décennie 1990 et au début des années 2000, le yurei eiga (film de fantômes japonais) avait le vent en poupe. Succès international sorti en 1998, Ring a révélé Hideo Nakata en Occident. Paradoxalement, le réalisateur n'a plus rien produit d'aussi jouissif (ou tout simplement d'intéressant...) depuis ce fameux Ring.

Au-delà de ses (énormes) qualités intrinsèques, le succès rencontré par Ring a tout de même conduit à l'instauration d'un beau bordel. Les suites, films parallèles et remakes se sont multipliés (Rasen, Ring 2, Ring Ø Birthday, le remake sud-coréen Ring Virus, les remakes américains Le Cercle et Le Cercle 2...), si bien que l'on défie, même un passionné, de nous expliquer les liens et imbrications entre tous ces films. Il reste que Ring est originellement tiré d'un roman de Kôji Suzuki, qui fait d'ailleurs une petite apparition dans le film. Ce Ring de Hideo Nakata sorti en 1998, c'est en quelque sorte le vrai, la base, l'original. Non pas que tout le reste soit à jeter mais il est quand même difficile de s'y retrouver et aucun ne saurait prétendre ne serait-ce qu'à effleurer la qualité de l'original ! Ring a relancé la mode du film d'horreur au Japon. Ce genre s'était déjà développé dans les années 50-60 et a véritablement refait surface suite au succès de Ring. La saga Ju-On de Takashi Shimizu, One Missed Call de Takashi Miike, Ju-Rei de Kôji Shiraishi, Kairo de Kiyoshi Kurosawa, ou encore Dark Water de Hideo Nakata ont tous tenté de surfer sur le succès de Ring. Si en plus on rajoute à cela les jeux vidéo nippons (notamment les sagas Project Zero et Siren), on s'est retrouvé à l'époque devant une déferlante d'horreur à la nippone.

Devant cette exagération commerciale évidente, la renommée de Ring n'est-elle pas usurpée ? Clairement pas. Ce qui fait la force de Ring, c'est évidemment son personnage, on oserait dire « principal », puisque c'est de lui (d'elle en l'occurrence) que tout part. Sadako Yamamura, femme vêtue d'une robe blanche évanescente aux longs cheveux noirs qui cachent un visage déformé par l'épouvante, peut en fait être perçue comme une possible vision nippone moderne du croque-mitaine. La robe blanchâtre renvoie aux oripeaux traditionnels portés par les fantômes japonais dans les contes et légendes. Ce personnage a été repris ou adapté à l'excès dans toutes les suites ou dérivés de Ring. Comme tous les grands films d'horreur, la représentation et la symbolique du grand méchant est fondamentale. Et dans Ring, il faut bien avouer qu'elles jouent à plein régime. Chaque apparition de Yamamura glace le sang. Loin de l'hémoglobine occidentale, Hideo Nakata a tablé sur la pureté terrifiante de la mort. Les effets spéciaux ont beau avoir vieilli (ils faisaient déjà très cheap à l'époque), Ring ne fait jamais série B voire Z. Au contraire même, cet aspect bon marché des effets spéciaux donne du cachet au film et contribue incontestablement à instaurer une ambiance particulière. Car en plus de ce fameux personnage terrifiant, c'est aussi l'ambiance très travaillée qui fait de Ring un grand film.

Pas de surenchère, Ring choisit le huis-clos angoissant, la quasi-claustrophobie et la peur dans tout ce qu'elle a de plus pure mêlée à de l'écoeurement face à l'apparence de Yamamura. Surtout, Ring reste très suggestif, un aspect qui se perdait dans la production de films d'horreur à l'époque. Faire le pari de laisser des éléments à l’imagination et à l'interprétation du spectateur, on voyait ça souvent dans les thrillers, beaucoup moins dans les films d'horreur, si ce n'est dans des fins franchement pas originales. Ici, Hideo Nakata fait de la suggestion pendant l'ensemble du film. Le processus à travers lequel Yamamura accomplit sa malédiction n’est jamais montré à l’écran, les seuls indices laissés étant les visages défigurés par la peur des victimes. Terrifiant !

Le schéma narratif est habile, en ce qu'il oscille entre moments de calme insoutenable et une lutte contre le temps qui passe (l'ultimatum des 7 jours qui passent avant de mourir après avoir vu la cassette). Niveau image et son, c'est aussi du tout bon, les choix du réalisateur étant payants : musique quasi-absente, bruits sourds, grain de l'image sale, intérieurs confinés. Le contenu de la cassette est parfaitement représentatif de la maîtrise de Nakata sur ces deux aspects : images n'ayant a priori aucun rapport entre elles même si on les devine malsaines, tout cela sur fond de bruitages inintelligibles.

Ring sait multiplier les références à des films nippons ou américains (Terminator mais surtout Poltergeist) ainsi qu'à des faits divers, montrant tout le travail réalisé. Seuls défauts : quelques maladresses dans le scénario et des personnages un peu plats. Pourtant, le jeu des acteurs est impeccable, puisqu'ils évitent de surjouer (c'est le mal de beaucoup de productions nippones), permettant à Ring de ne jamais lorgner, et on insiste, vers la série B.

Les bonus DVD sont intéressants et plutôt surprenants, puisque Hideo Nakata explique dans une interview ce qu'il pense de l'ampleur du phénomène né de son film et son impact sur la jeunesse (les écoliers japonais joueraient à faire comme Sadako Yamamura...).

Ring brille par ses nombreuses innovations en matière de son et d'image, auxquelles s'ajoutent une narration travaillée et une ambiance excellente qui en font un modèle. S'il n'a jamais été égalé (et ce n'est pas faute d'avoir essayé), c'est parce que tout simplement, en matière de réinvention du genre, il a quasiment tout fait. Et l'on demeure toujours en attente d'un nouveau choc aussi puissant en matière d'horreur venue du Japon !

Source: Manga News


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